Informations historiques :
La
cité d'Aphrodisias, construite sur le versant d'une colline déclinant
légèrement vers le sud-ouest et dominée par l'ancienne acropole, est
située à proximité de Geyre, à 38 kilomètres de Nazilli. La cité doit
son nom à la présence de l'un des plus importants sanctuaires dédiés à
Aphrodite (aussi fort que celui d'Artémis à Ephèse), la déesse de
nature, la beauté, l'amour et l'abondance. L'importance des lieux est
attestée par la taille et la beauté des édifices qui comptent parmi les
mieux conservés de cette période.
D'après l'historien byzantin Stephanus, la ville fondée par les Lélèges
(peuple nomade répandu en Asie Mineure ainsi que dans le nord-est et le
centre de la Grèce) portera successivement les noms de Lelegonopolis,
Megalopolis et Ninoe, en hommage à Ninos, roi d'Assyrie et roi de
Babylone. Le nom d'Aphrodisias apparaîtra au IIIème siècle avant
Jésus-Christ, au cours de la période hellénistique.
La cité, située à proximité d'une grande route commerciale de l'empire,
connaîtra son apogée à l'époque romaine. Elle s'étendra alors sur près
de 520 hectares. Sylla fera un riche présent au temple d'Aphrodisias en
82 avant Jésus-Christ. Marc Antoine et Tibère assureront sa prospérité
en lui accordant un droit d'asile dans un périmètre de 100 stades
autour de son temple et en l'exonérant d'impôts en 39 avant
Jésus-Christ. Réputée pour son enseignement de la philosophie, de la
médecine, de l'astronomie, la cité sera célèbre pour son école de
sculpture qui produira des oeuvres largement répandues dans l'empire
romain.
Un violent tremblement de terre, en 350 et 360, détruira la plupart des
bâtiments. La remontée des nappes d'eaux souterraines inondera la cité.
La proclamation par l'empire byzantin du christianisme comme religion
d'état, en 391, marquera la fin difficile du culte d'Aphrodite. Le
temple sera converti en église. Aphrodisias, rebaptisée Stavrapolis
(Cité de la Croix) deviendra un évêché. Constantin fera détruire les
plus beaux monuments pour édifier des remparts qui ne résisteront ni
aux raids seldjoukides, ni aux Turcs qui raseront la cité lorsqu'ils
envahiront l'Anatolie entre les XIème et XIIIème siècles. La région,
fragilisée par les incursions arabes en provenance de l'Est sous le
règne de l'empereur Héraclius, ne sera pas épargnée par les conflits
religieux, les crises économiques et les épidémies. Un violent
tremblement de terre, dans les années 640-641, provoquera des dégâts
considérables. Tamerlan rasera de nouveau la cité en 1402. La fertilité
des sols de la région favorisera le développement du village de Geyre à
partir du XVème siècle.
Un nouveau séisme, en 1956, détruira le village construit sur les
ruines et permettra aux archéologues de commencer les fouilles.
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